—Si, je veux mourir. Pourquoi vivre maintenant? Vous me haïssez. Tout le monde me haïra. Personne ne me croira. Je veux mourir!

Et elle se débattait au milieu des souffrances plus vives, secouant la tête comme si elle eût voulu la briser contre le bois du lit.

La grand'mère s'efforça de la retenir et de la calmer.

Elle lui dit d'une voix grave:

—Il faut vivre pour ton fils.

—Ah! oui, mon fils, murmura la malheureuse, dans une sorte de rêve, avec un bégayement des lèvres à peine perceptible.

Puis elle retomba dans son assoupissement.

Elle semblait, tant la souffrance la tordait, avoir perdu conscience de ce qui se passait, et il ne sortait plus de sa bouche que des plaintes indistinctes et rauques.

Le médecin avait saisi ses fers, et aidé de la domestique, qu'il avait appelée, il s'efforçait de tirer l'enfant, mort ou vif, des flancs ensanglantés et pantelants de la mère, pendant que madame de Frémilly, blême comme un spectre, le coeur serré à mourir, n'osant pas faire un mouvement, ni prononcer une parole, regardait sans voir, l'esprit absorbé, tordue par une pensée qui ne la quittait pas.

Ah! cet homme, cet homme, à qui toutes les deux déjà, sa petite-fille et elle-même, devaient tant de souffrances et allaient devoir tant de honte, comme elle le maudissait!