Les chaleurs étaient venues.
Laurence, qui avait voulu nourrir son fils, et à qui sa grand'mère n'avait pas osé refuser cette consolation dans la grande douleur qui l'éprouvait, Laurence ne quittait guère le jardin de la villa, tout fleuri maintenant, et où elle était protégée contre les regards indiscrets par de hauts murs ombragés d'une double rangée de chênes-verts.
Elle vivait là en recluse, et personne, dans le pays, qui commençait à se peupler de baigneurs, ne l'avait même entrevue.
«Madame Dubois», madame de Frémilly, sortait quelque peu, aux heures solitaires, et se promenait sur les chemins où elle avait chance de ne rencontrer personne.
Elle s'était enfermée—ne voulant pas avoir avec sa petite-fille de nouvelles scènes, qui les tuaient toutes les deux—dans un mutisme absolu.
Elle ne parlait plus à Laurence que de choses futiles, indifférentes.
Et Laurence, quand son fils dormait près d'elle, dans la petite voiture qui lui servait le jour de berceau, Laurence restait des heures entières, immobile, les yeux fixés sur la mer, presque toujours calme maintenant, dont les vaguettes se moiraient sous le soleil, et bercée par son murmure monotone et doux.
A quoi pensait-elle?
—A lui peut-être, à lui sûrement.
Et surtout au mystère, à l'énigme qu'elle n'avait pas su déchiffrer, et dont cet enfant, qu'elle avait sous les yeux, était la vivante preuve.