Il l'accuserait comme sa grand'mère.

Et elle ne pourrait pas le persuader qu'elle lui était restée fidèle, que son coeur était resté plein de lui, de sa seule image.

En tous les cas, c'en était fini maintenant de leur amour, de son bonheur.

Elle n'était plus digne de lui.

Elle était mère, et cet enfant, qu'elle ne pouvait se résoudre à quitter, demeurerait près d'elle comme la preuve de ce qu'on croirait sa faute, et qui n'était pour elle que son martyre.

Tel était l'état d'esprit de la malheureuse enfant, quand un matin, sa grand'mère, sortie depuis un instant, rentra précipitamment dans le jardin où elle se trouvait, son fils auprès d'elle.

Elle tenait un journal à la main, et son visage était extrêmement bouleversé.

—Ah! s'écria-t-elle en s'adressant à Laurence, ton malheur est bien complet maintenant!

Laurence se dressa vivement.

Une pâleur s'étendit sur son doux visage, qu'on eût cru incapable de pâlir encore, et dont la blancheur ressemblait de plus en plus à celle du lis, auquel sa grand'mère l'avait, à l'époque de l'innocence et de la pureté, tant de fois comparée.