Que voulait-elle donc faire?
Qu'attendait-elle?
La grand'mère n'osait pas l'interroger.
Elle avait peur de réveiller ses indignations et ses douleurs, les colères qui avaient fait proférer, à l'une et à l'autre, au cours de scènes inoubliables, d'irréparables paroles.
Elle se promenait souvent dehors, malgré le mauvais temps, toute seule, le front fouetté par la pluie et les vents.
Laurence ne sortait pas.
Elle demeurait des journées entières, le visage collé à la vitre, suivant le balancement des arbres tumultueusement agités, ou le gonflement des vagues qui moutonnaient au loin.
Et elle s'occupait de moins en moins de son fils.
Quand on le lui donnait pour qu'elle l'embrassât, elle le rendait tout de suite à la nourrice, sans avoir effleuré son front de ses lèvres.
Et un jour enfin, de longues semaines après la visite de Régulus et le départ de Noémie de Marconnay, qu'elle ignorait d'ailleurs, madame de Frémilly sut ce que sa petite-fille pensait.