—Ici, si vous le désirez, grand'mère.

—Personne des nôtres ne sera mis dans la confidence.

—Faites cela pour vous, grand'mère, car pour moi….

Elle eut un geste de profonde indifférence qui indiquait le peu de cas qu'elle faisait désormais de l'opinion du monde auquel déjà en son esprit elle se jugeait morte.

—J'écrirai demain, dit la baronne.

XI

Par un singulier hasard, ou plutôt par un de ces jeux de la destinée qui semblent, à certains moments, diriger les événements humains, le même train qui amena à Fouras Régulus Boulard, appelé par madame de Frémilly après la conversation qu'elle avait eue avec sa petite-fille, y déposait aussi Jacques de Brécourt et Mareuil, sans que les uns et les autres se fussent aperçus.

Par ce train arrivait aussi une femme soigneusement voilée, qui avait suivi à son insu l'aide-préparateur de photographie. C'était Noémie, qui, laissant à Paris son enfant à la garde d'une voisine, avait voulu voir où allait son ancien amant, qui ne voyageait pas généralement pour son plaisir, et dont le déplacement devait certainement l'intéresser.

Quand Jacques et son ami, retardés par la difficulté que le premier éprouvait encore à marcher, se présentèrent devant la villa des Chênes-Verts, où Régulus avait été introduit, Noémie était près de la porte, dissimulée dans l'ombre, car il faisait nuit, se demandant ce qu'elle allait faire, comment elle pourrait pénétrer dans cette maison où venait d'entrer son ancien amant, et quelles étaient les personnes qui l'habitaient et que Régulus allait voir. Elle n'avait pas eu le temps de prendre des informations, préoccupée avant tout de ne pas perdre les traces du misérable qu'elle poursuivait.

Jacques et Mareuil ne la virent pas, trop absorbés par leurs propres préoccupations, et Noémie, bien qu'ils parlassent à voix basse, entendit ce qu'ils disaient avant de sonner.