—Je ne puis pas te le dire, mon enfant … pas encore … mais crois-en ta grand'mère, ta grand'mère qui t'adore, qui aurait préféré mourir que de te faire l'ombre d'un chagrin, il n'est pas digne de toi et il faut l'oublier!
Laurence soupira: L'oublier!
Elle ajouta, violente, ardente:
—Oublie-t-on le soleil quand il vous a échauffé de ses rayons? Est-ce que la fleur à qui il a donné la couleur et la vie l'oublie?… Est-ce vous, grand'mère, qui me parlez ainsi?
—Moi, mon enfant, moi qui connais les hommes, qui ai souffert par eux.
—J'aimerais mieux souffrir par Jacques et n'être pas séparée de lui!
—Pourtant, s'il te trompait, s'il ne t'aimait pas…. S'il en aimait une autre…. Et si tu le voyais?
—J'essaierais de le ramener à moi.
—Mais tu souffrirais cruellement.
—Moins cruellement que si j'en étais séparée.