—Vous…. Aurore Dartel.
—Je n'ai jamais, dit-il, connu personne de ce nom-là.
Et c'était vrai.
Jamais il n'avait vu même la malheureuse.
Je lui dis qui elle était, où elle travaillait.
Il ne la connaissait pas.
Il allait peut-être s'apitoyer sur le sort de cette petite, morte d'amour pour lui sans qu'il le sût.
Mais j'entraînai madame Dartel et nous allâmes à la Morgue réclamer le corps d'Aurore.
Je n'essayerai pas de décrire l'impression que je ressentis quand je vis cette malheureuse, hier encore si rayonnante de jeunesse et de beauté, et que j'avais tant aimée, le corps tuméfié, les lèvres couleur des violettes de la mort…. Je me jetai sur ces pauvres restes décolorés et boursouflés avec des gémissements et des sanglots qui auraient touché le coeur le plus barbare, et je m'écriai, pensant à celui qui était l'auteur, fût-ce involontaire, de cette mort, à celui qui me l'avait prise, comme il m'avait pris tout ce que j'avais désiré.
—Ah! tu me paieras cher cette mort!