Quand il se retourna, il aperçut, avec un sentiment de vive allégresse, deux gendarmes qui venaient vers lui. Il était bien décidément sauvé!

Les gendarmes, voyant un homme bien vêtu et d'apparence honnête, auraient passé leur chemin sans lui rien dire, si l'inventeur du bouton inamovible ne se fut empressé de leur souhaiter le bonjour et de leur déclarer que le temps était beau pour la saison.

Cet empressement parut suspect aux deux «magistrats armés».

Le brigadier lui demanda s'il avait fait bonne chasse. Au souvenir de ses mésaventures, le chasseur rougit et balbutia.

«Vous avez sans doute un port d'armes?» reprit le brigadier.

M. Colin-Tampon porte vivement la main à sa poche de côté. Il se souvint tout à coup qu'il avait oublié son port d'armes dans la poche de sa redingote.

Le brigadier dressa procès-verbal. Le conseiller municipal songea avec horreur qu'il lui faudrait comparaître en justice, et soudain une goutte de sueur froide perla à l'extrémité de chacun de ses cheveux.

Azor, croyant que les gendarmes lui reprochaient sa lâcheté, baissait tristement le nez et serrait sa queue entre ses jambes.

XV