D'un pas martial, il descendit les marches du perron en faisant sonner les clous de ses souliers. Déjà, à grandes enjambées, il se dirigeait vers la grille du jardin, lorsque Mme Colin-Tampon éprouva le besoin d'ajouter quelques conseils aux nombreuses recommandations qu'elle lui avait déjà prodiguées.

«Ernest!» s'écria-t-elle.

Ernest fit volte-face, et, voyant que sa femme accourait vers lui, il voulut galamment lui épargner les deux tiers du chemin. Il ne courait pas il volait, et les trois petites plumes qui ornaient son chapeau étaient rejetées en arrière par la rapidité de sa course.

En le voyant si jeune et si leste, Mme Colin-Tampon sourit. Ernest arriva comme elle descendait la dernière marche du perron; son mouvement fut si vif, que le tendre baiser destiné à la joue de Mme Colin-Tampon retentit sur le bout de son nez.

«Ernest, dit-elle, tu seras prudent.

—Je te l'ai promis.

—Un malheur est sitôt arrivé.

—Je ne suis plus un enfant.

—Non; mais tu es si jeune et si pétulant pour un homme de ton âge!»

Ce fut au tour de M. Colin-Tampon de sourire; i1 cambra les reins, tendit les jarrets et se disposait à partir lorsque Mme Colin-Tampon lui dit: