Vous voulez bien me demander ensuite ce que je pense de l’état actuel du drame.—A quelle cause j’attribue le ralentissement de sa vogue?—Uniquement à la cherté des places. Mais peut-on croire et dire que le drame périclite, quand on voit un artiste tel que Jules Lemaître se laisser tenter par cette admirable forme du théâtre? Est-ce que Victorien Sardou, est-ce que Jean Richepin ne sont pas dans toute la force du talent? Et voici M. Rostand qui arrive et dont le Cyrano de Bergerac sera, je vous le prédis, un des grands succès de cet hiver.

Je vous serre cordialement la main, mon cher confrère,

Paul Meurice.


M. Edmond Rostand

est lapidaire, comme toujours!

Boissy-Saint-Léger, 16 août 1897.

Mon cher Huret,

Je travaille à terminer le Cyrano, que Coquelin va jouer à la Porte-Saint-Martin.

Je ne pense pas que les pièces en vers manquent en ce moment de théâtre. Comédie-Française, Renaissance, Porte Saint-Martin, Odéon... N’est-ce pas, grâce à Sarah et à Coquelin, le double de ce que nous avions il y a quelques années?