—Ah oui! Voyons-le.»
Nous sommes dans un terrain d’une vingtaine de mètres de long sur quatre de large, divisé en une série de petits rectangles séparés par des barrières de bois, qui sont autant de «jardins». Nous regardons «le nôtre»: un coin de terre que je pourrais recouvrir de mes bras étendus. Pas une herbe. Pas un arbre. Le locataire l’a abandonné sans doute. Il reste debout quelques cerceaux cloués sur des pieux, et qui dressent le squelette d’une gloriette... Des débris de paille, des loques, de la vaisselle cassée, jonchent le sol.
«Faudra rudement travailler ça, dit Guitry.
—Oh! bien sûr,» répond la concierge.
Guitry n’a pas voulu avoir dérangé cette brave femme pour rien et lui glisse dans la main une pièce qu’elle veut poliment refuser, mais qu’il lui fait accepter.
Nous redescendons toute la rue de Belleville. Le temps passe et le soir va tomber. Je voudrais bien pourtant voir Gervaise dans un lavoir...
En voici un.
«Entrons,» dit bravement Suzanne Desprès.
Elle y a d’autant plus de mérite, qu’une fois déjà elle y vint seule, et que les femmes l’apostrophèrent vivement: «Qu’est-ce qu’elle veut, celle-là? Elle vient voir comment on lave son linge?» Et des épithètes sans grâce volaient dans l’air autour d’elle.
«Ça ne fait rien, me dit-elle. Allons-y. Entrons tout de go.»