Son vieux maître lui répond:

3 avril 1880.

Ma bonne chère petite, sois heureuse, marche d’un pied léger, mais sûr, dans la carrière où tu as rencontré déjà le succès, ne te glorifie pas de tes triomphes, et dis-toi qu’un artiste, si haut qu’il soit placé, a toujours quelque chose à apprendre.

Ton rôle de Mimi t’inquiète; penses-tu que je puisse t’y être utile? Si tu le crois, je m’arrangerai pour t’en donner mon avis. Le Vaudeville est près de l’Opéra, viens me voir à mon cabinet dans un après-midi, et si quelque chose t’embarrasse, nous en causerons. Seulement, préviens-moi du jour où tu voudrais me voir.

Ton bien affectionné,
Regnier.

Elle joue donc Mimi le 15 avril 1880. Et ici il faut admirer une fois de plus la touchante incohérence de la critique:

M. Vitu, dans Le Figaro, écrit:

Elle n’est pas la fille insouciante et passionnée telle que l’avaient comprise Mlle Thuillier et Mme Broisat, instruites et stimulées par les indications personnelles de Théodore Barrière; elle lui donne une physionomie ingénue qui n’est pas précisément dans la vérité du personnage; mais elle a joué la longue et difficile scène de l’agonie avec une mesure très délicate qui en atténue l’horreur, et avec un accent de sincérité candide qui lui a valu des applaudissements mérités.

M. Defère, dans Le Soir, dit que «ce qui manque surtout à Mlle Réjane, c’est la physionomie de l’emploi... Elle ne nous a pas tiré une larme», ajoute-t-il.

M. Paul Perret, dans Paris-Journal, dit: