Nous arrivons chez elle.
«Il fait froid, ici. Vite, du feu! C’est vrai, on gèle!»
Une forte odeur de goudron emplit l’appartement. L’artiste va vers un guéridon où se trouve une goudronnière qu’elle moud comme une boîte à musique, en plaçant au-dessus sa bouche ouverte; elle a mal à la gorge et, diable! il faut se soigner.
Un grand feu de bois flambe bientôt dans les cheminées des deux chambres. Elle a l’air de ne pouvoir tenir en place. Nous allons de l’une à l’autre pièce, en échangeant, sans ordre, des propos brefs.
Sur le rideau de son lit, un papier est épinglé, où est écrit:
Mme Duse a besoin d’un repos absolu. Il lui est défendu de recevoir des visites.
Dr Pozzi.
23 mai 1897.
Je me fais la réflexion que c’est plutôt à la porte de l’appartement qu’il eût fallu accrocher cet avis: Quand on est là il est trop tard.
«De quoi parlerons-nous?»