Oui, les livres sont des amis, des compagnons dévoués; et ils ont cet avantage sur les autres,—je ne dis pas cela pour vous, mon cher ami,—que, quelle que soit notre humeur, la disposition de notre esprit, ils nous offrent toujours, avec le même calme et la même fidélité, des conseils et des distractions aux misères et aux douleurs de la vie.

Et vous ajouterez, vous, en faisant allusion à cette longue lettre, que vous avez bien été obligé de lire jusqu'au bout: «Au moins, ces amis-là, on a le droit de ne pas les lire, quand leur prose vous ennuie.» N'est-ce pas que j'ai raison?


IV

ANS une lettre précédente, je vous donnais le conseil de n'acheter qu'à bon escient les livres qui vous sont utiles ou qui peuvent procurer une satisfaction durable à votre esprit de bibliophile. Je vous faisais presque un reproche de l'empressement que vous mettiez à encombrer vos armoires. Qu'allez-vous donc me répondre aujourd'hui, quand j'aurai continué à vous énumérer une série d'ouvrages bibliographiques,—assez encombrants,—que je vous engage à acquérir?

Les volumes de cette nature sont, il est vrai, de bonne composition et vous pouvez, sans le moindre inconvénient, les reléguer dans un casier ouvert de votre cabinet de travail. Vos bibliothèques n'en souffriront donc pas; je dis plus: ces ouvrages seront beaucoup mieux là que dans un meuble fermé. Vous pourrez les consulter plus facilement.—Ne les mettez pas loin de la portée de votre main, afin de pouvoir les prendre sans trop vous déranger. Il existe maintenant des casiers tournants à quatre faces, qui vous rendront, dans ce cas, de vrais services.