Tout l'art de la diplomatie en une ligne!

Un mot de gamin. Je le tiens du docteur Félizet. Il avait soigné à l'hôpital un gamin de dix ans, qui montrait de rares dispositions pour le dessin et qui, sans avoir rien appris, crayonnait drôlement les têtes de ses voisins ou les silhouettes des bonnes sœurs. Quand l'enfant fut guéri, Félizet, qui l'avait pris en affection, lui demanda:

—Est-ce que ça t'amuserait d'être peintre, de faire des tableaux?

—Peut-être bien, dit l'enfant; mais j'ai une autre idée.

—Et laquelle?

—Je voudrais être livreur d'eau de Seltz.

Être livreur d'eau de Seltz, c'est-à-dire descendre les rues au grand trot en faisant claquer son fouet, parmi le branlebas des siphons secoués... Comprenez-vous quelle ivresse!


Paris, 25 novembre.

Un vestibule de château féodal gardé par quatre armures vides tenant des lances et des hallebardes; un retable en bois sculpté et colorié, qui représente Jésus portant sa croix; de vieux saints en bois; des tapisseries de haute lisse; un large escalier de pierre; des portes de fer; une salle immense éclairée par des vitraux; une cheminée de la Légende des siècles, dans laquelle un fagot tout entier et trois ou quatre troncs d'arbre reposent sur les landiers de fer; d'autres saints en bois, des stalles, un lutrin; des meubles ouvragés comme le portail de Notre-Dame, lourds, massifs et noirs, et qu'on dirait façonnés pour Roland ou pour Eviradnus; une chambre à coucher purpurine; un lit carré, un lit royal, en fer et en noyer (pour changer un peu); partout du chêne sculpté et du fer forgé; l'assemblage de meubles le plus majestueux, le plus imposant, le plus lugubre, le plus sinistre; un mobilier de cathédrale dans la salle des gardes d'un château historique.