17 novembre et jours suivants.
M. Rochefort retourne à Londres. Il s'ennuie. Il va à Bruxelles. Il s'ennuie. Alors il va à Monaco.
Le général voudrait bien y aller aussi; mais l'exil à Jersey est plus décoratif; sa gloire l'attache à ce rocher.
L'Intransigeant publie un article de M. Rochefort où le général est traîné dans la boue.
30 novembre.
Le général parcourt les journaux de Paris. Il constate avec stupeur que, pour la première fois depuis deux ans, le nom de Boulanger, le mot «boulangisme», même le mot «boulange» ne figurent dans aucun journal.
Il n'en croit pas ses yeux et reprend toutes les feuilles l'une après l'autre. Il ne s'est pas trompé, aucune ne le nomme, pas même pour l'insulter. Il passe une nuit atroce, et s'aperçoit, le lendemain matin, que sa barbe blonde est toute grise.
25 décembre.
Il se promène, le soir, sur les rochers au bord de la mer. Il songe que, il y a vingt ans, un autre exilé faisait ainsi... Une voix mystérieuse, qu'il voudrait bien ne pas entendre, lui murmure à l'oreille: