Le jeune Empereur peut fonder la paix du monde. Aura-t-il assez de foi et de vertu pour l'oser?
Vous voyez bien que ce ne sont là que «rêveries.»[Retour à la Table des Matières]
LE TERMITE
C'est le titre d'un roman très distingué et infiniment laborieux, torturé et torturant, de ce mahdi-romancier qui a nom J.-H. Rosny. Ce roman nous raconte les gésines littéraires, les pénibles amours et les coliques néphrétiques du jeune Noël Servaise, écrivain naturaliste de son état.
Si j'ai bien compris, le «termite» qui ronge Noël Servaise, c'est la recherche du «document», du petit fait bas, insignifiant, méprisable. À moins que les «termites» ne soient les personnages mêmes des récits de Servaise. Car on peut hésiter entre les deux interprétations, comme vous le verrez par ces deux passages qui vous donneront une idée de la manière de M. Rosny:
«Aussi, en Servaise, comme un clou formidable, perpétuelle, obsessionnelle, grandit l'idée de la note, la vie prise telle quelle, la vérité de la vision, de l'ouïe et de l'événement respecté en idole; le tourment de se supprimer la réflexion et la transformation; la recherche d'un absolu documentaire», etc... (page 35).
Ou bien:
«.... Par là, les termites de son œuvre, les grisailles de leurs évolutions se teintaient d'âpres épithètes, se trempaient de la vibration d'art, se disposaient en amertumes graduées, en états d'âme vulgaires sans doute, mais passés au crible d'un cerveau impressif, colorés d'une désespérance glaciale comme une bise, coupante comme un grésil...» (page 11).
Enfin et quel que soit le ver qui ronge Servaise, le fait est qu'il est rongé, grignoté, lentement dévoré, et qu'il souffre et qu'il se tord et qu'il a l'air d'un supplicié, d'un supplicié qui mord et qu'il ne ferait pas bon plaindre de trop près.
Or, tandis que l'infortuné se tordait dans les affres de l'écriture, je songeais (étendant ainsi la signification du livre de M. Rosny):