«Ah! monsieur le major, dit l'homme, vous me ferez respirer quelque chose pour m'endormir, n'est-ce pas?—Mais, dit le docteur, nous n'en avons plus guère, et il y a des camarades encore plus mal arrangés que vous, et à qui il faudra faire des opérations plus compliquées. Si vous étiez bien courageux...—Oh! non, je suis trop faible, j'ai perdu trop de sang, je ne peux pas ... monsieur le major, je vous en prie...—Eh bien, mon garçon, puisque vous le voulez, on vous endormira.»

Mais, pendant que le docteur fait ses préparatifs, le petit soldat réfléchit et, tout à coup: «Nom d'une pipe! c'est tout de même trop mufle d'être lâche comme ça!... Ne m'endormez pas, monsieur le major; ça serait honteux!»

Voici maintenant un mot d'officier. C'est un capitaine horriblement blessé; l'opération doit être longue. «Capitaine, dit Félizet, nous allons vous endormir.» Alors l'autre: «Monsieur le major, il faut garder ça pour ceux qui ne sont pas gradés.»


Paris, 23 juillet.

Ma cousine,

Cela a commencé, il y a cinq ou six ans, par les bascules automatiques. On met deux sous dans une fente de tirelire, on monte sur une plaque de fonte, et une aiguille, qui, tourne dans un cadran, marque votre poids en kilogrammes.

Cela a continué par les dynamomètres automatiques. Même procédé. Les deux sous jetés dans le tronc, vous tirez une poignée, et une aiguille vous renseigne sur votre force musculaire. C'est comme qui dirait une «tête de Turc» scientifique.

Puis sont venus les électriseurs automatiques. On glisse ses deux sous, on saisit une poignée de métal, et l'on ressent aussitôt des secousses désagréables dans le poignet et dans l'avant-bras.

Puis les distributeurs automatiques. À l'origine, ils ne distribuaient guère que du chocolat. Mais ils ont été très perfectionnés dans ces derniers temps. À l'heure qu'il est, on obtient à volonté du sucre d'orge, des bonbons acidulés, de la parfumerie, des épingles, des pelotons de fil, du savon, du papier à cigarettes, etc.