«Vous ne me faites pas le reproche d'avoir mis Marceline nue devant les siècles»; je vous en suis reconnaissant.

«Si la correspondance que j'ai publiée m'avait appartenu, j'aurais hésité à la faire paraître. Mais elle est dans une collection publique, la bibliothèque de la ville de Douai, où MM. Valmore père et fils l'ont déposée. Évidemment ils en ont retiré ce qu'ils ont voulu. Leur intention, du reste, était de publier ces lettres, toutes ou en partie, et, en les éditant, je n'ai que réalisé leur désir.

«... La première partie de votre étude a peiné les amis de Mme Valmore; ils ont été attristés par votre ton un peu... railleur. Quant à moi, j'en attends la continuation avec confiance...»

M. Rivière a bien raison. Et je prie respectueusement M. Lacaussade de ne plus me reprocher «le ton narquois et boulevardier» de cette étude (moi, boulevardier!) avant d'en avoir vu la fin.

4 mai 1896.

... Eh bien, non, le séducteur de Marceline, ce n'est plus Henri de Latouche!

Je reçois de M. Benjamin Rivière la lettre suivante:

«Oui, M. de Latouche est un «mufle», mais non pas «le mufle». J'espère que votre conviction sera faite sur ce point, après la lecture des fragments de lettres originales adressées par Mme Desbordes-Valmore à son mari, fragments que je viens de réunir pour vous.

«Vous y verrez que les relations entre Henri de Latouche et la famille Valmore étaient de pure amitié. Le prénom d'Hyacinthe a pu être donné à la fille aînée de Mme Desbordes-Valmore à cause de ce monsieur, mais seulement en raison de cette amitié.

«Il faut accueillir avec défiance les racontars, de quelque source qu'ils viennent... Ainsi on disait, il y a quelque cinquante ans, dans un salon littéraire de Paris (mettez l'Arsenal), que M. de Latouche avait été l'amant de Mme Valmore, qu'Ondine était sa fille, et que l'on s'était séparé parce qu'il avait voulu séduire la jeune fille. Ce dernier point seul est exact. Il faudrait donc admettre que Marceline aurait conservé, après son mariage, des relations avec son amant et qu'elle l'aurait fait entrer dans l'intimité de son mari. La droiture et la loyauté de Marceline s'élèvent contre cette odieuse supposition. La rupture, qui eut lieu en 1839 entre H. de Latouche et la famille Valmore, fut causée par l'exigeante amitié et surtout par la conduite ignoble de ce drôle. Et cependant on prit des précautions vis-à-vis de lui, tant on le craignait.