Hubert et Hubertine n'avaient pas d'enfants, et ils ne pouvaient pas s'en consoler, et c'est pour cela qu'ils avaient adopté la petite Angélique.

Hubert et Hubertine habitaient une maison très vieille, tout contre la cathédrale.

Angélique voyait donc la cathédrale de sa fenêtre et cela l'amusait beaucoup. Et elle aimait surtout un vitrail qui représentait saint Georges.

«Il y avait aussi près de la maison un grand champ, qui s'appelait le Clos-Marie, traversé par une petite rivière, qui s'appelait la Chevrotte.

«Et Angélique aimait beaucoup à se promener au bord de la Chevrotte.

«Angélique lisait souvent la Vie des saints, et les miracles la ravissaient, mais ne l'étonnaient point.

«Elle était persuadée qu'elle épouserait un jour un prince.

«Un jour, en faisant sécher du linge au bord de la Chevrotte, elle rencontra un peintre-verrier qui était beau, beau, beau.

«Elle comprit qu'il l'aimait, et elle se mit à l'aimer, car il ressemblait au saint Georges du vitrail.

«Or, ça n'était pas un peintre-verrier, mais le fils de monseigneur l'évêque.