M. ÉMILE ZOLA.
UNE FARCE DE BUTEAU.
Lise étant morte des suites d'un coup de pied qu'il lui a donné en plein ventre dans un moment de vivacité, Buteau a épousé en secondes noces la Guezitte, une veuve qui possède les meilleures terres de Rognes. La Guezitte a un enfant de son premier mariage, Athénaïs, une petite fille de huit ans, que Buteau, naturellement, déteste et martyrise.
..... On doit faire le réveillon chez les Buteau. Ils ont invité M. et Mme Charles, les Delhomme, Jésus-Christ et la Trouille (car la mort du père Fouan a réconcilié toute la famille). En attendant, les femmes sont à l'église, et les hommes au cabaret, où Jésus-Christ explique aux camarades que c'est son jour de naissance et se livre là-dessus à des plaisanteries de pochard que vous me dispenserez de vous rapporter.
Buteau, bon garçon, est resté chez lui pour aider sa femme. Il a, d'une taloche, renvoyé dans sa soupente la petite Athénaïs qui parlait d'aller à la messe de minuit.
Préparatifs du réveillon. Longue description coupée de fragments de dialogue extrêmement familiers. Joie de Buteau à la pensée qu'on va «s'en fourrer jusque-là».
... On s'aperçoit qu'il n'y a plus d'eau-de-vie. Buteau envoie la Guezitte en chercher un litre chez Macqueron. Comme il fait un temps «à ne pas f..... un curé dehors», Buteau préfère garder la maison: «T'inquiète pas! je mettrai la table pendant ce temps-là.» Et il entre dans la chambre, où est l'armoire au linge..
«..... Il aperçut, sous la cheminée, une paire de petits sabots, les sabots d'Athénaïs, que l'enfant avait déposés là, en cachette, confiante dans la visite du petit Jésus.
«—N... de D...! gueula Buteau; je t'en vas f... moi, des étrennes, enfant de g...!
«Mais tout à coup il se calma. Même une gaieté passa dans ses petits yeux jaunes, comme s'il rigolait intérieurement à la pensée d'en faire une bien bonne.