Le front d'Otto se plissa, et ses yeux devinrent méchants:

—Voyons, Hermann, ce n'est pas sérieux? Qu'as-tu à reprocher au baron?

—Je n'ai rien contre lui. Je ne veux pas, voilà tout. Je trouve que, dans cette affaire, les propriétaires du sol ont un droit de priorité, et, puisqu'ils présentent des garanties…

—Moins que le baron… Il possède en Alfanie soixante mille hectares de forêts… Nous lui devons les tramways de Marbourg…

—C'est-à-dire qu'il nous les doit. Malheureusement. J'estime, pour moi, qu'il a assez d'autres moyens de faire travailler son demi-milliard et que ce n'est pas le moment, quand la question sociale est arrivée à l'état aigu, d'accorder des privilèges à ceux qui sont déjà trop riches. Mes raisons sont limpides, comme tu vois.

—J'aurais bien des choses à te répondre, et même des choses sensées. Mais je perdrais mon temps. Aujourd'hui, tu es buté… Nous en reparlerons… Seulement, écoute: tu me mets dans une situation un peu fausse vis-à-vis du baron. Je lui avais fait espérer… Dans tous les cas, il me semble que nous lui devons bien une petite compensation.

—Une compensation à quoi?

—A ce que ton refus lui fait perdre.

—Qu'est-ce que mon refus lui fait perdre?

—Dame! ce qu'il te demandait.