A…………………………… B

A, c'est Golding, qui tendait évidemment vers B, et qui tend chaque jour, à six heures. Donc habitude de la part de B d'être touché, chaque soir (à une heure que nous ne pourrions déterminer qu'en connaissant la distance de A à B), par la ligne partant de A. Habitude d'être touché par cette ligne implique, de la part de B, tendance à aller au-devant de A.

Alors B—que nous admettons animé, puisque cette idée se dégage que B est représenté par les deux gentlemen—en raison de cette tendance à sentir A près de lui—B, dis-je, s'est peu à peu rapproché de A…; un obstacle matériel s'est opposé à la réunion des deux termes du problème; mais la double tendance agissant continuellement, A et B ont tendu l'un vers l'autre à travers ma porte… et lorsque j'ai ouvert ma porte, B double de A, l'a entraîné au point où ils eussent dû se trouver depuis longtemps… si je n'avais invité Golding à luncher avec moi.

Je repasse soigneusement mes déductions. Elles sont justes.

Occupons-nous maintenant de la conclusion, qui servira de base à mes recherches ultérieures.

VII

Cette conclusion, la voici, telle qu'elle sort tout armée de mon cerveau.

Golding doit tous les soirs aller retrouver les deux gentlemen. Il ne peut s'en dispenser. Eux de leur côté ne peuvent rester séparés de Golding.

Et cela ne dépend pas d'un caprice, d'une fantaisie de vieillards: il y a plus que désir, plus qu'habitude, il y a nécessité. Ce n'est pas une liaison qui existe entre ces trois hommes, c'est un lien, plus serré que le noeud d'Alexandre, et l'épée s'émousserait sur lui. Une pareille amitié, fatale, involontaire, n'a qu'un nom. J'hésite à le prononcer… elle s'appelle (bast! personne ne lira ceci) complicité!

VIII