Mon ami était si pâle, je compris si bien qu'une émotion terrible et involontaire le dominait, que je lui tendis la main et m'empressai de boucler ma malle, pour partir le plus tôt possible.
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Pas un mot ne fut échangé pendant tout le voyage. Maurice s'était appuyé dans l'angle du wagon que nous occupions; la tête dans les mains, il réfléchissait profondément, puis il me regardait, me souriait et retombait dans ses méditations.
Enfin nous arrivâmes à Paris: c'était le matin. Nous prîmes une voiture, et, nous étant fait conduire à notre domicile, nous réparâmes le désordre de notre toilette. Puis nous allâmes déjeuner.
—L'heure est venue, me dit tout à coup Maurice. Ne m'interromps pas, il s'agit de Lambert… de cet excellent et honnête M. Lambert. Tiens, lis cette lettre…
Et il me passa une enveloppe qui portait une date ancienne de quatre jours seulement. C'était évidemment le contenu de cette lettre qui avait décidé notre brusque retour.
—Le dernier paragraphe, me dit Maurice
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Voici ce que je lus:
«Notre ami Lambert, resté veuf après le terrible accident que vous connaissez, va se remarier. Il épouse Mme Duméril, une veuve qui, dit-on, a quelque fortune. Le mariage se fera dans les premiers jours du mois d'octobre.»