Ici, il est plus facile de se rendre compte de la nature du lieu. Ce ne sont que fourneaux de formes bizarres, appareils de toute nature, cornues, alambics, matras; puis des instruments de mécanique, une énorme machine électrique dont le disque de verre mesure plus de deux mètres de diamètre.

Ce sont là matériaux de chimiste et de physicien, à n'en point faire doute un seul instant.

Toute la portion de la façade qui regarde du côté du jardin, dont nous parlerons plus loin, est percée de hautes ouvertures, qui se ferment à volonté au moyen de volets glissant dans des rainures ad hoc.

Dans les coins, des amas de matières de couleur noirâtre, débris métalliques et rouillés. Aux murs, presque à ras du sol, des planches supportant des bouteilles, à demi ou complètement remplies de sels, de poudres, d'extraits, le tout étiqueté soigneusement.

En un point spécial, une planchette clouée à la muraille, et percée de trous au milieu desquels on voit des boutons blanchâtres, surmontés de petits écriteaux, portant ces mots: Me Aloysius,—Me Truphêmus,—Salle à manger,—Bibliothèque.

Ces mêmes indications se répètent sur les caisses de bois. Les boutons mettent en jeu des appareils électriques. Selon qu'on presse celui de droite, de gauche ou du milieu, la chaîne qui se déroule laisse descendre le cabinet d'Aloysius ou la bibliothèque. On adapte une échelle qui va du sol à la caisse, on ouvre la porte, et on s'introduit dans la boîte.

Au moment où nous jetons dans Quiet-House un regard indiscret, Truphêmus est au fond de la cave, et à la lueur d'une lampe de forme bizarre, dont se dégage la lumière blanche de l'électricité, suit dans un creuset le travail de transformation qui s'opère. Mais Truphêmus est visiblement préoccupé. Ses yeux ronds regardent mal, et sa pensée ne va pas droit son chemin.

Aussi, en un moment donné, fait-il un geste de découragement suivi d'un autre geste de décision. Il vient de prendre une résolution. Il écarte le creuset du foyer électrique qui maintient la fusion. Puis il se dirige vers le tableau indicateur et pousse violemment le bouton d'Aloysius. Un peu trop fort, en vérité, car voilà la chaîne qui tourne sur la poulie avec un grincement rapide, et la boîte qui descend comme si elle tombait; mais les ressorts sont solides. La caisse s'arrête avec un tressautement.

Truphêmus applique l'échelle, étendant les bras autant qu'il est en lui, pour permettre l'ascension de son ventre proéminent. Il ouvre la porte.

Aloysius a été à demi renversé par le choc. Et ses membres osseux ont quelque peu souffert dans cette descente brusque.