Elle a trouvé Defodon étendu par terre en chemise. Il ne remuait plus.
D.—Avez-vous entendu parler haut… quelque chose comme une querelle?
La demoiselle Rateau hésite, puis répond en baissant la voix, qu'elle ne faisait pas attention, à ce moment-là, à ce qui se passait à côté.
Le sieur BARNIOLI (Giacomo), rentier, quarante-cinq ans, était en visite chez la fille Rateau. Il affirme avoir entendu des éclats de voix qui lui semblent, bien qu'il ne puisse l'affirmer, indiquer une querelle. Puis une porte s'était ouverte violemment, et quelqu'un s'était élancé sur l'escalier. Il a cru alors à un accident, et obéissant à une première impulsion, s'est élancé pour porter secours si cela était nécessaire.
À une question du président, qui insiste sur le point de savoir s'il y avait ou non querelle, le sieur Barnioli répond qu'il n'a pas bien remarqué, mais que cependant les éclats de voix ne lui ont pas paru résulter d'une conversation amicale.
LAVORIT (Gustave), étudiant, vingt-trois ans, travaillait dans sa chambre, au-dessus de celle qu'occupaient en ce moment ces deux jeunes gens. Il a entendu du bruit et est rapidement descendu. Il a trouvé Defodon sans mouvement.
Le DOCTEUR MERCIER, trente ans, habite la maison. On est allé aussitôt le chercher, et il a tenté de donner à Defodon les premiers soins. Mais il a reconnu aussitôt que tout effort était inutile. Les marques des doigts étaient très visibles sur le cadavre. Defodon était vêtu seulement de sa chemise, les jambes et les pieds nus. Évidemment, il s'était levé précipitamment ou avait été tiré de son lit. Les couvertures étaient rejetées, le tapis dérangé.
Lorsque Beaujon est remonté, ramené par le concierge, il était extrêmement pâle, et, au premier coup d'oeil jeté sur le cadavre, il est tombé en faiblesse, sans proférer une parole. Le témoin connaissait fort peu les deux jeunes gens et ne peut fournir sur leur caractère aucun renseignement.
V
Après la déposition de M. de Lespériot, commissaire de police, dont les constatations ne présentent aucun intérêt nouveau, on appelle la fille Gangrelot (Annette).