D.—N'a-t-il prononcé aucune parole au moment où vous l'avez arrêté?

R.—Non, il se débattait en poussant des cris inarticulés. Je le croyais fou.

D.—Quel était le caractère de Defodon?

R.—C'était un brave jeune homme, mais un peu trop noceur, d'autant qu'il était d'une mauvaise santé; il avait à tout moment des mouvements nerveux, quand une porte se fermait trop fort, au moindre bruit… mais c'était un bon garçon, et pas chiche du tout…

D.—Que savez-vous sur les relations de l'accusé avec la fille
Gangrelot?

R.—Ah! ça, c'est une traînée comme il y en a beaucoup (ici quelques expressions trop pittoresques qui excitent l'hilarité et que nous nous abstenons de reproduire).

D.—Les deux jeunes gens se cachaient-ils l'un de l'autre dans leurs relations avec elle?

R.—Pour ça, je n'en sais rien… je crois pourtant qu'elle aimait mieux
M. Defodon.

Trois personnes avaient entendu du bruit dans la chambre de Defodon et étaient accourues les premières aux cris poussés par Beaujon.

LA DEMOISELLE RATEAU (Émilie), dix-neuf ans, sans profession, était occupée, dit-elle, lorsque des cris s'échappèrent de la chambre qui n'est séparée de la sienne que par une cloison. La personne qui était avec elle s'élança au dehors et elle la suivit.