—Eh bien! avez-vous quelque indice?
—Mon cher, reprit Maurice, vous avez la curiosité des enfants. Depuis l'affaire de Lambert, vous me prenez pour une sorte d'escamoteur qui va faire disparaître une muscade sous un gobelet.
—Ne le croyez pas.
—Je ne vous en blâme pas. Ce sentiment est essentiellement naturel. Souvenez-vous seulement de ce que je vous ai dit. Les causes attribuées à un fait, vous ai-je expliqué, ne sont généralement que des causes secondaires; on passe presque toujours à côté de la vérité.
—Et dans l'affaire Beaujon?…
—Dans cette affaire plus que dans toute autre on a fait fausse route, j'en ai l'intime conviction…
—Beaujon est-il donc innocent, à votre avis?
—Je ne dis ni oui ni non; d'abord il faudrait nous entendre sur ce que vous appelez son innocence…
—A-t-il, oui ou non, commis le crime pour lequel il a été condamné?
—Modifiez votre question. Dites: A-t-il commis l'acte? Ici je puis déjà vous répondre: Oui, il a étranglé Defodon…