—Eh bien! m'écriai-je en voyant qu'il s'arrêtait.
—Je ne veux point t'en dire plus. Aujourd'hui, à trois heures, viens à l'hôtel de France et du Périgord, rue des Grès, tu y trouveras quelques autres personnes que j'ai convoquées, et là je vous dirai tout. Alors, du reste, aura lieu une épreuve suprême qui prouvera la réalité de mes déductions… À trois heures donc!
—À trois heures.
Et Maurice sortit.
XII
L'hôtel de la rue des Grès était une de ces vieilles maisons, à l'allure lourde et respectable, comme il n'en reste guère aujourd'hui. On devinait que des générations d'étudiants avaient passé par là, et que sur ce palier plus d'un avait frissonné sous son habit râpé, qui, aujourd'hui, occupait une place parmi les privilégiés de la Faculté; plus d'un s'était hâté, devant la loge du concierge, craignant une réclamation, qui, aujourd'hui, comptait les revenus d'une clientèle sérieuse; plus d'un enfin était sorti, la tête haute et le front étincelant d'espérance, qui était mort dans quelque coin, rongeant sa dernière désillusion avec son dernier morceau de pain.
Au résumé, maison mal tenue, d'apparence morne et grognon. Sa façade semblait dire: Je suis ce que je suis. Qui ne veut de moi peut passer.
C'était là qu'avaient demeuré Beaujon et Defodon. Je m'enquis auprès de la propriétaire qui occupait le bureau. Elle m'indiqua la chambre. J'y montai rapidement, par un vieil escalier, large et solide, à rampe fièrement campée, à balustrade massive, surchargée de poussière, où mes doigts témoignèrent par écrit qu'on n'avait guère épousseté.
Je frappai à une lourde porte, qui s'ouvrit aussitôt. Maurice était seul. Je regardai autour de moi avec curiosité.
—Voici la chambre, me dit Maurice.