Je fus éveillé en sursaut. Pour un peu, j'aurais demandé ce que pouvait m'importer la Pierre Sèche.

Mais une impression me saisit, bien différente de celle que j'attendais.

De l'autre côté de l'étang, dans lequel dormaient de longues herbes, oscillant de leurs grappes ainsi que des épis murs, se dressait au sommet d'un monticule de quelques pieds, et qui semblait de rocailles et de mosaïques, une sorte de castel dont une aile se projetait en face de moi, hardiment découpée sur le ciel que rougeoyait le soleil couchant.

A la vision de la morte maison Usher, qui me devait apparaître, en mes prévisions attristées, comme la face d'un hypocondriaque se substituait un profil élancé, avec je ne sais quel raffinement d'élégance. Des vignes folles, à aigrettes rouges, couraient le long des murs, ayant pour canevas les nervures du lierre accroché au silex, broderie de pourpre sur velours vert.

Cette forme s'enveloppait d'une buée claire, irisée, qui estompait les contours et atténuait les angles.

En ma disposition d'esprit, ce tableautin me ravit, à la fois inattendu et charmant.

Cependant l'homme restait, attendant que je me décidasse à descendre. Je compris que, son office rempli, il s'étonnait que je ne lui rendisse pas sa liberté: il n'avait pas à compter avec mes fantaisies d'imagination. Je sautai sur le sol et lui tendis une pièce de monnaie.

—Alors, lui dis-je, ceci est bien le château de Pierre Sèche?

—Puisque je vous l'ai dit…

—Merci donc. Vous pouvez retourner à Salbris.