Voici quel était maintenant l'aspect du terrain:

Un trou, un large trou, un immense trou ayant une profondeur de douze mètres, un pourtour de terre et de caillasses, presque à pic et semblant en équilibre plus qu'instable. Au fond du trou, un amas de débris sans forme et sans consistance qui semblait s'affaisser de moment en moment.

Ensevelis sous cette masse, les malheureux n'avaient pas même dû souffrir. L'écrasement—et c'était un véritable bonheur!—devait avoir été immédiat, instantané.

Restait-il une chance quelconque de les arracher à leur sort, très probablement accompli depuis la première minute; pas un des ingénieurs ne se fût hasardé à répondre par l'affirmative.

Bien plus, étant donnée la nature du terrain, il était certain que tout travail tenté ne pouvait que déterminer de nouveaux éboulements, et par conséquent augmenter la masse des matériaux sous laquelle les victimes n'agonisaient même plus.

On décida que l'impossible serait tenté.

Un étayage solide serait établi pour contenir les parois du gouffre; puis on installerait une sorte de drague avec laquelle on enlèverait la plus grande quantité possible de sables et de gravats.

Quant à la durée des travaux, qui aurait pu les prévoir?

Il était peu probable qu'on pût, avant quarante-huit heures au plus, commencer le labeur de déblaiement.

Ne satisfaisant personne, ces mesures étaient cependant les seules auxquelles on pût songer. On ne se faisait plus d'illusions, mais on essayait d'en éveiller chez autrui....