En somme, et grâce à un hasard incroyable, mais qui prouvait l'excellente qualité des matériaux employés à la construction de l'armature, le vriliogire était pour ainsi dire intact et Athel ne doutait pas qu'il pût facilement le remettre en activité.

Mais ici se posait la question la plus grave.

Y avait-il lieu de provoquer un nouveau déplacement? Dans quel sens devait-il être dirigé? En un mot, où se trouvait-on? A quelle profondeur?

Le savant anglais avait la sensation très nette qu'il avait perdu connaissance... pendant combien de temps? Était-il à dix, vingt, trente, cent mètres au-dessous du sol? La descente s'était-elle opérée en ligne droite ou inclinée? Toutes interrogations qui restaient nécessairement sans réponse.

Athel regarda sa montre. Elle marquait une heure. C'est-à-dire que depuis le moment où il avait commencé l'opération—dix heures du matin—trois heures s'étaient écoulées. Et encore où était la preuve que ce fût trois heures plutôt que quinze heures. Ceci pouvait se vérifier mécaniquement.

Il fit jouer soigneusement le remontoir. Le nombre de tours lui démontra que c'était bien une heure de l'après-midi. Mais pendant combien de temps était-il resté inerte et inconscient?

Les termes du problème ne se simplifiaient pas.

Enfin de quoi était enveloppé le vriliogire? Dans quelle sorte de matière se trouvait-il encastré, enchâssé?... Comment le savoir?...

Pour se donner de la force, Athel ouvrit une petite boîte qui contenait des pilules Berthelot. On sait que notre grand chimiste avait émis cette hypothèse qu'un jour viendrait où la nourriture de l'homme par les substances organiques serait remplacée par les éléments chimiques qui les composaient.

Si bien que l'alimentation en serait assurée par des condensés de l'essence même des choses, des éléments, azote, carbone, phosphore dont sont formés les viandes, les légumes, le lait, etc., tablettes ou pilules qui sous un très petit volume serviraient à la réparation des forces.