On avait découvert, dans les bas-fonds de Ménilmontant, une fille anglaise qui avait reconnu la photographie de Coxward. Seulement elle déclarait l'avoir vu à Dieppe, il y avait deux ans de cela, alors qu'en train de plaisir, il était venu passer vingt-quatre heures en France.
La fille avait été arrêtée, cuisinée comme il convient, mais elle ne s'était pas contredite. Jamais depuis deux ans, elle n'avait revu ledit Coxward ni n'avait entendu parler de lui.
D'autres dépositions contribuaient à compliquer l'énigme. Certains attribuaient le nom de Coxward à des personnages du monde sportif, qu'on trouvait parfaitement vivants sous le nom—qui leur appartenait—de Coxwell ou de Coxburn.
Soudain, il y avait quinze jours que cet imbroglio s'enchevêtrait de plus en plus, quand le Reporter parut avec une manchette en caractères énormes, ainsi libellée:
RIRA BIEN QUI RIRA LE DERNIER
et suivait l'article que voici:
«—Nos lecteurs n'ont pas été sans remarquer la discrétion que nous avons apportée dans nos informations sur l'affaire Coxward: ils savent d'ailleurs que nous avons l'habitude de ne parler que de ce que nous savons et de ne pas accepter les renseignements qui peuvent nous parvenir sans les passer au crible de la critique. Si parfois nous nous permettons de hasarder quelques hypothèses, c'est à ce titre que nous les présentons et seule, la mauvaise foi peut nous faire un crime de ce qui n'est qu'un souci de la vérité. À bon entendeur, salut!
«Ceci dit, nous affirmons—et cette fois sans ambages ni réticences—que la déposition du sieur Bobby—le célèbre détective anglais—qui a si fort ému l'opinion, légèrement irritée d'ailleurs par l'immixtion d'un étranger dans nos affaires intérieures—que cette déposition, disons-nous, devant laquelle on s'est si fort hâté de s'incliner, comme si elle était et ne pouvait être que parole d'évangile, que cette déposition est
ERRONÉE ET INEXACTE DE TOUS POINTS.
«Ceux qui l'ont acceptée avec tant d'empressement seront sans doute fort marris d'apprendre qu'ils ont été la victime