—Qui vous a été adressée, qui porte votre nom et qui, autant que j'ai pu le comprendre, a trait à une commande de produits chimiques....

—C'est absolument vrai. Mais, reprit Athel dont la voix tremblait, comment cette lettre est-elle entre vos mains? Où l'avez-vous trouvée?

—Je vous l'expliquerai, monsieur, lorsque votre courtoisie aura pris le dessus sur je ne sais quelle lubie qui me fait presque douter de votre intellect.

Sir Athel réfléchit un instant.

—Vous avez raison, dit-il, et je vous prie d'agréer mes excuses. Monsieur Bobby, veuillez entrer dans mon cabinet. Vous, monsieur Labergère, je vous prie de m'accorder une demi-heure, une heure peut-être... et si vous le voulez bien, vous attendrez dans mon laboratoire....

Un vrai reporter doit ignorer l'amour-propre et ne jamais se formaliser. Que voulait Labergère? Causer avec Sir Athel. Une heure plus tôt, une heure plus tard, qu'importait?

—Je suis à vos ordres, dit-il, en s'inclinant presque poliment.

Bobby, qui, après réflexion, ne se souciait pas d'engager une querelle, était entré dans le cabinet de Sir Athel.

Celui-ci conduisit le reporter à un petit bâtiment situé au milieu du jardin et, l'y introduisant, lui montra des rayons couverts de flacons, bocaux et vases divers.

—Dans votre intérêt, je vous engage à ne toucher à aucun de ces produits: il en est de fort dangereux, voire même de foudroyants et je serais au désespoir d'être encore une fois (il dit entre ses dents ces trois derniers mots) la cause d'un accident.