—Serons à Paris à neuf heures quinze. Signé: Labergère
[VII]
[LES MERVEILLES OU VRILIUM]
Ces dépêches—avant d'être remises au journal—avaient, comme il est accoutumé dans notre pays où la censure est abolie, passé par le ministère de l'Intérieur. Communication en avait été donnée, toujours selon l'usage, à la préfecture de police, et, en prévision de l'affluence considérable de curieux qui afflueraient à la gare du Nord, pour saluer l'arrivée des libérateurs de Paris, d'importantes mesures d'ordre avaient été prises.
Mais c'était uniquement pour donner le change: car avant d'atteindre Paris, le train stoppa à Pantin et, avec une politesse d'ailleurs exquise, les trois voyageurs furent invités à descendre.
Labergère avait reconnu M. Lépine—ainsi que Bobby qui avait frémi jusqu'au fond de son être, se souvenant avec indignation de l'arrêt d'expulsion dont lui et Mrs. Bobby avaient été l'objet.
Quant à Sir Athel, il était à la fois trop Anglais et trop grand seigneur pour laisser paraître le moindre signe d'étonnement.
Le préfet s'expliqua avec la plus grande courtoisie. Il eut un mot poli pour Bobby et expliqua à Sir Athel que la mesure prise à son égard n'était dictée que par un respectable souci de l'ordre public.
Il lui exposa en quelques mots l'état de fièvre dans lequel se trouvait Paris, l'émotion et l'espérance que suscitaient son arrivée.