«—Personne.

«La folie se caractérisait de plus en plus.

«—Vous m'avez parlé de deux motifs qui vous imposaient le silence. Quel est le second?

«—Je me tais, reprit-il d'un accent solennel, parce que, de deux choses l'une: ou, connaissant mon secret, vous seriez impuissant à vous en servir, ou, étant parvenu à en user, vous commettriez les crimes que j'ai commis…

«—Sans doute, fis-je en souriant, quelque préparation vénéneuse qui ne laisse aucune trace?

«—Ne cherchez pas. Vous ne pourriez trouver. D'ailleurs coupons au court. Je viens chez vous, aliéniste, et je vous dis: «Je suis fou, fou dangereux. Voulez-vous m'interner?»

«—Une entrée volontaire vous donnerait droit à une sortie volontaire. Je ne puis vous admettre chez moi qu'à la condition d'avoir toute autorité sur vous. Pour cela il vous faudra vous soumettre à l'examen de deux médecins dont le certificat sera ma garantie. Acceptez-vous cette condition?

«—Oui. Mais, à mon tour, je pose mes conditions.

«—Je vous écoute.

«—Mon but, en entrant chez vous, est de mourir. Tant que je serai libre, je suis sûr de vivre, n'ayant pas le courage de ne point user de mon secret. Ici, je ne pourrai le faire, et alors la nature agira seule. J'exige d'être traité comme vos autres pensionnaires à cette seule différence près que personne du dehors ne sera admis auprès de moi.