«—Avez-vous des parents, des amis?

«—Je suis seul, tout seul. Nul n'a autorité sur moi.

«—Je puis vous assurer que votre désir sera respecté, à moins que l'administration supérieure n'exige votre comparution…

«—Oh! cela m'importe peu. Donc, que personne, en dehors de vous et de vos infirmiers, ne parvienne jusqu'à moi. D'autre part, je puis vous affirmer que nul ne s'apercevra de ma folie, que je n'aurai ni accès de fureur, ni fantaisies excentriques. D'ailleurs, si vous observez fidèlement le traité que nous signons ici, dans trois mois… je serai mort.

«—Vous savez que la surveillance exercée par les gardiens écarte toute possibilité de suicide.

«—Oh! ils ne pourront rien contre moi.

«—Vous savez encore qu'avant d'être interné dans le local que vous aurez choisi vous serez fouillé, visité si exactement qu'il vous sera impossible de conserver n'importe quelle substance vous permettant de vous donner la mort.

«—On ne me dépouillera pas de mes cent dix ans, fit-il en souriant pour la première fois depuis le début de notre entretien. Je connais la provision de vie qui reste en moi… douze semaines environ.

«Toute discussion étant inutile, je n'avais plus qu'à accepter mon étrange client, qui fixa lui-même des prix très élevés, en échange desquels il réclamait un grand confortable…»

Ici se terminait le manuscrit du docteur. En marge était inscrite cette note: «Pavillon 2, nº 17.»