—Je t'en supplie, oublie cette triste impression, oublie les paroles que je viens de prononcer. Tu es jeune... la vie s'ouvre devant toi belle et radieuse. Aie confiance. Nous sommes au bal, voici de charmants cavaliers qui s'apprêtent à te venir demander la faveur d'une contredanse. Accepte... retrouve la gaieté et l'insouciance de tes seize ans.

—Et vous me jurez que je puis sans crainte...

—Je te le jure. Tes yeux brillent déjà, chère enfant. Autrefois, j'aurais banni toute inquiétude, quand il s'agissait de danser... qu'il en soit ainsi pour toi.

Un jeune homme s'approcha de Lucie et prononça la formule d'usage.

La jeune fille regarda encore une fois madame de Silvereal, qui sourit et inclina la tête en signe de consentement.

Lucie prit le bras de son cavalier.

A peine s'était-elle éloignée, qu'un homme d'une quarantaine d'années, d'une remarquable élégance, s'approcha de madame de Silvereal.

—Madame, murmura-t-il rapidement, il faut que je vous parle.

Sans hésiter, madame de Silvereal se leva et appuya son bras sur celui de son cavalier.

Tous deux traversèrent la foule.