—Hélas! tout cela n'est plus que souvenir!

—A qui la faute? Parce que vous, monsieur de Silvereal, touchant à la vieillesse, vous croyez toujours avoir vingt ans; parce que vous vous laissez entraîner par vos passions séniles sur une pente fatale qui vous jettera à la ruine et à la mort. Vous vous croyez fondé maintenant à me rendre responsable de votre chute. A d'autres, mon cher! Vous m'avez aidé, je vous ai payé, et je suis prêt à déclarer, si vous le désirez, que tout doit être désormais fini entre nous!

M. de Silvereal accueillit ces dernières paroles par un ricanement.

—Je vous en défie, dit-il froidement.

—Vous dites?...

—Je dis, monsieur de Belen, que malgré votre forfanterie et vos menaces, vous savez aussi bien que moi que nous sommes à jamais liés l'un et l'autre.

—Je vous prouverai le contraire...

—Vous me ferez assassiner? En effet, je vous connais, et ce ne serait pas votre coup d'essai.... Cependant, je vous ferai observer que nous ne sommes plus aujourd'hui dans les déserts de l'Inde orientale... et qu'à Paris, il existe certains personnages qui sauraient au besoin me défendre contre vous.

M. de Belen était devenu livide. Était-ce de terreur? était-ce de rage? Au contraire, Silvereal avait retrouvé tout son calme.

—Ces personnages se nomment: primo, le procureur du roi; secundo, l'ambassadeur de Portugal; tertio... oh! c'est le tertio qui est surtout intéressant... les personnages s'appellent: les gendarmes!