L'homme put enfin articuler quelques mots.

—Ah! monsieur de Costebelle, vous savez bien que c'est impossible... c'est de la folie.... La liberté! Ah! vous n'y songez pas... ne me demandez pas cela!

—Pierre, continua Jacques, combien faut-il de temps pour aller aux gorges d'Ollioules?

—Pour un bon marcheur, une heure et demie.

—Autant pour le retour, trois heures. Il n'est pas encore onze heures.... Laisse-moi sortir d'ici, et avant quatre heures je serai de retour, et ils me trouveront là pour me tuer...

—Tenez, monsieur Jacques, je ne puis vous comprendre. Ce que vous demandez est tellement insensé!... Comme si cela se pouvait!... Voyons! calmez vous! revenez à la raison...

—Pierre, je veux ma liberté...

—Demandez-moi ma vie... je vous la donnerai... mais autre chose... c'est impossible...

—Pierre, il y a six ans de cela, un jour, un homme avait glissé de la falaise dans la mer... le flot hurlait, la tempête rugissait... l'homme était perdu... tenter de le sauver était une folie... cet homme était un vieillard... Pierre, c'était ton père!... Je me suis précipité à travers les vagues et j'ai sauvé ton père!... Pierre, l'as-tu donc oublié?...

—Non! non! faisait le geôlier, qui frémissait.