—Je ne me souviens pas! commença Belen, qui, de très-bonne foi, cherchait dans sa mémoire.

—Bah! interrompit l'autre. Nous aurons tout le temps de renouveler connaissance.... D'abord, mon cher duc, si vous m'en croyez, nous ferons deux choses: la première, c'est de perdre l'un vis-à-vis de l'autre cette attitude de provocation et de lutte qui ne nous convient nullement, comme je vous le prouverai tout à l'heure...

—Et l'autre...

—C'est de me permettre d'éclairer un peu mieux ce lieu ténébreux qui va se transformer pour quelques instants, si vous le voulez bien, en cabinet de conférence...

—A votre aise, fit le duc.

L'autre tira de sa poche une boîte d'allumettes et, un instant après, une petite lampe jetait sur la salle souterraine son clair rayonnement.

—Voilà qui est fait, reprit-il. Maintenant, s'il vous plaît nous asseoir, nous allons entamer sans plus tarder la petite négociation qui m'amène....

Celui qui parlait ainsi d'une voix sèche, martelant chaque mot distinctement, paraissait un vieillard. Des cheveux blancs taillés ras couvraient son crâne et descendaient sur son front bas. Le nez était osseux, les yeux se cerclaient de rides. Quant au vêtement, rien de spécial. La redingote était noire et serrée à la taille, le linge blanc, et, détail bizarre, le chapeau était tenu par une main finement gantée. Cependant le duc, redevenu maître de lui, prit le premier la parole.

—Ainsi, monsieur, dit-il, vous allez m'expliquer pourquoi ce guet-apens que rien ne justifie....

L'autre haussa légèrement les épaules.