—Je suis vivant, bien vivant! cria le duc. Et c'est toi qui es un homme mort.

Il avait saisi l'arme chargée, et tournant son bras derrière son dos, il savait que la charge irait frapper son adversaire en plein corps. Il pressa sur la détente. Une détonation violente ébranla le souterrain. Belen secoua son épaule d'un élan vigoureux; mais, à sa grande surprise, la main—sorte de grappin de bronze—pesait toujours sur lui. Un second coup partit.

—Ah! cette fois! cria de Belen...

—Cette fois! répondit la voix de l'autre avec un éclat de rire, cette fois, tu es en mon pouvoir... et tu ne peux même plus conserver l'illusion de te débarrasser de moi.... Donc, je te rends la liberté...

Et les doigts s'ouvrirent. Belen, libre, voulut s'élancer. Mais une ombre noire se dressait devant lui: il savait par expérience que tenter la lutte eût été folie. La lanterne éclairait sur le sol deux pieds élégants et fins qui, s'appuyant sur la pioche et la pelle, interdisaient toute pensée nouvelle de résistance. Belen se contint.

—Qui es-tu? demanda-t-il.

—Prends ta lanterne, et regarde!

Le duc hésita à se baisser. Il crut à quelque coup traîtreusement porté. Et cependant la vigueur de son ennemi rendait tout stratagème inutile. Donc il obéit. Il dirigea sur le visage de l'inconnu le rayon de sa lanterne.

—Je ne vous connais pas! s'écria-t-il.

—Vraiment? En vérité, cela me fait plaisir.... Il n'y a pourtant pas si longtemps que nous nous sommes vus...