Il appuya sur les mots.

—D'objets précieux provenant de l'extrême Orient.

Le duc laissa échapper un mouvement.

—J'ai dit l'extrême Orient, reprit Germandret d'un ton bonhomme. J'ai su m'assurer un certain nombre de clients qui me payent très-cher les curiosités des pays d'Annam, de Siam, du Cambodge.

—Du Cambodge? fit de Belen, en s'efforçant d'affermir sa voix.

—Oh! ne croyez pas qu'il s'agisse de ces calebasses, de ces bambous ridicules, de ces flèches, de ces armes que le premier voyageur venu peut acquérir en échange de quelques pièces de monnaie.

—De quoi s'agit-il donc?

—De ces monuments étranges d'un art aujourd'hui disparu, dont les vestiges ont été révélés au monde scientifique par quelques rares explorateurs, et qui constituent aux yeux des délicats une source féconde de recherches historiques et ethnologiques.

Le duc ne répondit pas et se contenta d'incliner la tête.

—Or, reprit Germandret sans paraître s'inquiéter de ce silence, le hasard, le pur hasard, croyez-le bien, m'a appris que monsieur le duc était passionné pour ces sortes d'étrangetés; j'ai voulu m'assurer par moi-même de la réalité de mes hypothèses; c'est pourquoi je me trouve ici.