—Non, un simple rappel à la froide raison. Je voulais, en effet, connaître votre secret, et je vais vous prouver que j'ai réussi. Monsieur le duc, vous ne cherchez pas dans les souterrains des morceaux de pierre couverts d'hiéroglyphes, qui sont pour vous lettre morte: vous cherchez, avec une ardeur et une énergie fiévreuses, un trésor qui vous a été révélé...

De Belen s'était reculé et fixait sur son interlocuteur des yeux hagards.

—Continuez, fit-il d'une voix qui sifflait entre ses dents serrées.

—...Qui vous a été révélé, dis-je, lors du crime que vous avez commis, de complicité avec le baron de Silvereal, dans les déserts de l'Inde orientale.

—Misérable! cria le duc.

D'un bond il ramassa la pioche qui gisait à terre, et, la levant par un mouvement formidable, il la lança sur le crâne de l'inconnu.

Mais, d'un geste brusque qui semblait la détente d'un ressort mû par la vapeur, le bras de Germandret avait saisi le lourd instrument de fer, et, l'arrachant des mains du duc, l'avait lancé contre la muraille. Puis, comme obéissant à une fureur dont il n'était plus le maître, il l'avait pris à la gorge et renversé sur le sol. L'honnête de Belen râlait et se tordait en convulsions impuissantes.

—Gredin! disait le paisible antiquaire d'une voix éclatante, je ne sais ce qui me retient de t'étrangler comme un chien!...

Cependant, obéissant à une réflexion qui venait de traverser son cerveau, il le secoua furieusement comme fait une bête fauve de la proie qu'elle a saisie, et enfin le laissa retomber sur la terre, presque inanimé. Cette fois le duc était vaincu. Les doigts du vigoureux inconnu avaient laissé leurs empreintes violacées autour de son cou.

—Grâce! murmura-t-il d'une voix dolente.