Cette singulière réponse déconcerta quelque peu le Bridoine, qui leva les yeux sur son interlocuteur. Celui-ci, le torse un peu en arrière, l'œil à la fois défiant et railleur, n'avait pas un air des plus engageants. Mais en somme, c'était un vieillard, sans doute peu redoutable. Bridoine allait passer outre et entamer, en dépit de tout, la conversation réclamée, quand le Castigneau fit un pas vers lui.
—Tu vas t'en aller, dit-il froidement.
—Hein?... m'en aller.... Comment! je viens... bien poliment...
—Poliment! alors ôte ton chapeau....
Et d'un revers de main, le Castigneau fit tomber la coiffure de Bridoine. Celui-ci poussa un cri de colère.
—Ne remue donc pas comme ça, reprit l'autre, tu déranges ta perruque.
Par un mouvement instinctif, Bridoine porta sa main à son front; mais plus vif encore, le Castigneau lui avait arraché ses cheveux postiches, mettant à nu le crâne pointu du forçat. En même temps, faisant demi-tour, le Castigneau, dont on n'eût pas soupçonné la force et l'agilité, se plaça entre la porte et le visiteur. Bridoine commençait à perdre son sang-froid. Il marcha sur le Castigneau les poings en avant.
—Qui es-tu et que viens-tu faire ici? demanda le Castigneau.
—Ça ne te regarde pas!
—Vrai!... alors, je cogne....