Le poing du Castigneau, qui était d'une remarquable solidité, s'abattit, à l'improviste, sur la poitrine de Bridoine, qui recula en trébuchant.

—Veux-tu répondre? demanda encore le Castigneau toujours calme.

—Je vais te découdre! cria Bridoine, dont la main se trouva tout à coup armée d'un couteau.

Le placide Castigneau eut un ricanement. Loin de paraître s'émouvoir du danger, il marcha droit à Bridoine, qui leva le bras. Seulement, ce bras ne retomba pas. Et, ma foi, sans qu'il sût trop comment, Bridoine se trouva—désagréable surprise—le nez sur le sable, qu'il rougissait de son sang. Le bon bourgeois, un genou sur ses épaules, le serrait d'une main à la nuque.

—Maintenant, dit le Castigneau, je veux bien causer... Qui es-tu? et que viens-tu faire ici?

Bridoine essaya de se redresser, n'y parvint pas et, avec la magnanimité propre à sa nature, se décida à se soumettre:

—Je suis Bridoine.

—D'où viens-tu?

De Toulon.

—Bien! Qui t'a envoyé ici?