Pierrot serra soigneusement le billet bordé de noir que lui avait donné son père; puis, d'un bond, s'aidant des treillages fixés au mur, il disparut.

Cependant Martial avait été porté dans la chambre. Micheline s'empressait de l'installer aussi confortablement que possible. L'immersion avait été si rapide et si courte qu'il ne s'était pas déclaré de symptômes d'asphyxie. C'était un évanouissement causé sans doute par le choc. Du reste, le Castigneau ayant retroussé et mis à nu ses bras musculeux, se livrait sur le corps du malade à une de ces frictions qui réveilleraient un mort. Micheline présentait à son mari les linges chauds destinés à rétablir la circulation. Au bout d'un quart d'heure environ, Martial poussa un long soupir; puis il ouvrit les yeux et regarda autour de lui.

—Où suis-je? murmura-t-il.

—Chez des amis, dit le Castigneau.

—Je n'ai pas d'amis, soupira le jeune homme.

—Faut pas dire de ces choses-là. Il y a de bons et braves cœurs partout... et souvent au moment où on s'y attend le moins....

Le jeune homme essaya de se soulever, mais il retomba lourdement. Il passa ses deux mains sur son front.

—Oui, je me souviens, dit-il, j'ai voulu mourir...

—Et vous n'êtes pas mort? Bah! ça arrive à tout le monde!

—Ainsi, c'est vous qui m'avez sauvé?