—Mon nom et ma qualité m'en ont facilité l'accès... Après une courte apparition dans les salons, j'ai pu m'esquiver et parvenir à la chambre du jeune homme... J'ai ouvert la porte par les moyens que vous connaissez, et, sur la table du malheureux, j'ai trouvé ce manuscrit... Voyez... il porte ces mots écrits d'une main ferme: Mon Histoire. De plus, un billet joint à ces feuillets autorise ceux qui auront trouvé son corps à en prendre connaissance...
—Mais Martial n'est pas mort, objecta sir Lionel.
—Aussi est-ce seulement avec son aveu et après que nous l'aurons entendu qu'il nous sera permis de lire ce manuscrit. Maintenant, messieurs, consultez-vous. Vous connaissez le peintre Martial. A vous de décider s'il doit quitter cette maison, sans savoir à qui il doit la vie... ou s'il est de notre intérêt, de notre devoir, de lui offrir de prendre place parmi nous....
La marquise se leva, et se tournant vers le portrait de Jacques de Costebelle, elle resta immobile, plongée dans une méditation douloureuse.
Les cinq hommes se rapprochèrent et échangèrent quelques mots à voix basse. Puis Armand de Bernaye prit la parole:
—Madame, dit-il, nous jugeons qu'il nous appartient d'entendre Martial... puis nous déciderons de la résolution qu'il conviendra de prendre à son égard....
La marquise inclina la tête en signe d'assentiment, puis elle frappa sur le timbre. Lamalou parut.
—Le jeune homme est-il éveillé?
—Oui, madame.
—Il est calme?