Cette nuit-là surtout.

Deux heures s'étaient écoulées depuis le moment où Lamalou avait aidé à l'évasion de Jacques.

Le défilé d'Ollioules, plongé dans les ténèbres profondes, était muet et désert. Le vent sifflait, âpre et froid, et les saxifrages, secouant dans l'ombre leurs broussailles dénudées, ressemblaient à des gnomes bizarrement accroupis sur la roche.

Tout à coup (il était environ une heure du matin), un bruit sourd, régulier, éveilla les échos des gorges.

C'était le pas d'un homme, pas vigoureux, accentué.

Qui donc pouvait s'aventurer à cette heure dans ce lieu maudit?

Celui qui marchait semblait se hâter. Évidemment il connaissait admirablement les localités; car, après avoir franchi le premier passage, il se dirigea nettement vers la paroi de gauche des rochers. Là, il se baissa et toucha la pierre de ses mains.

Sans doute ses doigts rencontrèrent ce qu'ils cherchaient, car il laissa échapper une exclamation satisfaite; puis il commença à gravir lentement le roc. Il s'était engagé sur une sorte de sentier à peine tracé et qu'il eût été difficile de reconnaître, même à la lumière du jour.

Il montait, s'accrochant, pour aider son ascension, aux troncs chauves des pins.

Au bout de cinq minutes, il s'arrêta.