»Je vois encore mon père penché sur cette caisse. Ses mains tremblaient comme s'il eût eu la fièvre, et comme je m'approchais pour l'aider, il me repoussa doucement.

»Les objets que renfermait le coffre mystérieux étaient soigneusement enveloppés de plantes séchées, et qui, ainsi que le bois, exhalaient un parfum pénétrant.

»A vrai dire, ma mère et moi, nous retenions notre respiration, haletants, inquiets comme si un sublime secret nous allait être dévoilé. Malgré les déconvenues nombreuses que ma chère mère avait déjà subies, sa physionomie s'était éclairée d'une suprême espérance.

»Enfin mon père poussa un cri de joie.

»Nous nous étions courbés pour mieux voir.... Au même instant, une exclamation de désappointement s'échappa de notre poitrine. Voici ce qui se présentait à nos regards...

»Trois fragments d'une statue, sculptée dans une pierre noire, incrustée d'arabesques qui paraissaient d'argent.

»Ces fragments, artistement rapprochés, représentaient un homme nu, assis, la jambe gauche appuyée contre la terre, la jambe droite relevée. Sur le genou droit la main s'appuyait, tandis que l'autre reposait sur l'autre cuisse.

»La tête, bien modelée, portait une sorte de casque plat ou plutôt de bonnet, s'adaptant exactement au crâne. Sur les épaules, sur le dos, sur le ventre, des caractères singuliers ressortaient avec leur teinte blanchâtre...

»Nous restions stupéfaits, immobiles. J'avais échangé avec ma mère un rapide regard, et une même question s'était formulée dans notre cerveau, sans cependant s'échapper de nos lèvres.

»—Est-il fou?...